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mercredi 24 avril 2013

L'hypnotiseur de Lars Kepler







Renoncer définitivement à l'hypnose, c'est le choix difficile qu'a fait il y a dix ans Erik Maria Bark, psychiatre spécialisé dans cette pratique, après une séance qui a mal tourné. Mais l'inspecteur Linna n'a que faire de ces états d'âme. Il a besoin du savoir-faire du psychiatre dans une affaire délicate : Josef, un adolescent en état de choc après le massacre sanglant de sa famille est le seul à pouvoir éventuellement fournir des indices sur l'assassin

édition: Actes Sud




Bien que l'enquête policière semble dépourvue d'originalité dans un premier temps, cette impression s'estompe très rapidement en tournant les pages.   Comme son titre l'indique, ce roman va s'articuler autour de l'hypnose.  Erik Maria Bark , psychiatre spécialisé dans le traitement des chocs et des traumatismes pratiqua pendant longtemps l'hypnose pour soigner ses patients jusqu'au jour où cela ne se déroule pas aussi bien que prévue. Il fait alors la promesse de ne plus jamais hypnotiser personne.
Il tiendra cette promesse pendant dix ans jusqu'à ce que l'inspecteur Joona Linna lui demande prestement son aide dans une affaire de massacre subvenu dans une même famille.
 Josef, le garçon de la famille est encore en vie mais dans un très mauvais état physique . Il est le seul à pouvoir les aider dans l'enquête grâce à l'hypnose. Cependant, des révélations inattendues sont faites . De plus, une autre enquête se mettra en place lorsque le fils de Erik et Simone Bark se fait enlever quelque jour après la séance d'hypnose.

Comme vous l'aurez compris, nous allons suivre deux affaires policières en parallèle, le massacre familiale se résoudra rapidement car nous savons dès la première partie du roman qui est le meurtrier, enfin nous avons la disparition de Benjamin, l'adolescent hémophile du couple Bark. Force est de constater que  la deuxième enquête prend énormément d'ampleur mais pour notre plus grand plaisir.

Nous suivons alors principalement trois personnages:

L'inspecteur Joona Linna, qui essaye de combiner et de résoudre les deux enquêtes en même temps, Erik Maria Bark  qui fouille dans son passé pour voir s'il y a pas un rapport avec sa reprise de l'hypnose et enfin, nous avons une partie consacrée à Simone et son père, ancien policier qui cherchent dans les relations de  Benjamin pour s'efforcer de  comprendre la cause de l'enlèvement.

L'inspecteur Linna est un personnage plutôt discret, sa psychologie est moins travaillée que les autres protagonistes. Nous ne connaissons que très peu de chose sur sa vie privée et son passé. Il semble dévouer sa vie à son travail et à rien d'autre.  Du coup, c'est un homme compétent et sûr de lui.

Le couple Bark bas de l'aile depuis quelque année, Erik est lui aussi un bourreau de travail et n'a pratiquement plus de temps à consacrer à sa famille. Il ne peut plus dormir sans l'aide de médicaments. Simone travaille pour une galerie d'art, elle a de plus en plus de mal à supporter son mari, surtout depuis que celui-ci a commis une faute il y a dix ans. Bien que le couple soit en pleine crise, un évènement tragique va les rapprocher, l'enlèvement de leur fils unique, Benjamin.

En somme, c'est un très bon polar scandinave écrit à quatre mains (Alexander et Alexandra Ahndoril) plein de rebondissements. Les auteurs évoquent des thèmes assez éprouvants comme la maltraitance sur les enfants, les sévices, l'inceste etc.


Les + :  le thème de l'hypnose, le passage d'un personnage à un autre, l'intrigue originale et stupéfiante.
Les -: des détails sur les personnages au début parfois pas très pertinents .
 le "traumatisme"  de Joona Linna très fréquent dans les romans policiers.

Ma note: 8.5/10


jeudi 2 août 2012

Dix petits Nègres



Dix personnes apparemment sans point commun se retrouvent sur l'île du Nègre, invités par un mystérieux M. Owen, malheureusement absent. Un couple de domestiques, récemment engagé, veille au confort des invités. Sur une table du salon, dix statuettes de nègres. Dans les chambres, une comptine racontant l'élimination minutieuse de dix petits nègres. Après le premier repas, une voix mystérieuse s'élève dans la maison, reprochant à chacun un ou plusieurs crimes. Un des convives s'étrangle et meurt, comme la première victime de la comptine. Une statuette disparaît. Et les morts se succèdent, suivant le texte à la lettre. La psychose monte. Le coupable se cache-t-il dans l'île, parmi les convives ?



 Mes impressions:

Dernier Billet avant de partir (enfin) en vacances avec une lecture commune : Dix petits nègres d'Agatha Christie, organisée sur Livraddict par Issallysun.
Ce roman m'a apporté ma première et concluante rencontre avec cette grande femme du suspense.

Agatha Christie nous plonge pendant 208 pages dans un huis-clos à l'atmosphère très oppressante.

Dans un premier temps, l'auteure nous présente tour à tour, les dix personnes conviés à passer des vacances à  l’île du Nègre sur invitation d'un certain O'Nyme.
"L'île devait son nom à sa ressemblance avec une tête d'homme...un homme aux lèvres négroïdes."


Ces dix personnes semblent n'avoir rien en commun avant de débarquer sur l'île : l'équipe est composée d'employés : un couple de servant Mr et Mrs Rogers déjà sur l'île depuis quelques jours, une autre engagée comme secrétaire Vera Claythorne, professeur de sport dans la vie active. Puis nous avons des invités :
Des personnes importantes comme le célèbre juge Wargrave, le docteur Armstrong, le général Macarthur et le policier Philip Lombard. D'autres moins importantes, comme la vieille Miss Brent, le frimeur Tony Marston ainsi que Mr Blore.
Ces personnes invitées gratuitement sur cette île vont vite déchanter après leur accusation respective de meurtre...

Dans leur chambre, un poème symbolique qui explique comment dix petits nègres vont mourir. Dès la première nuit, ces meurtres vont se renouveler avec les dix personnes présentent sur l'île.
Chacun leur tour, ils seront soumis, prisonnier de la "prophétie" du poème. Qui est le meurtrier? Une personne cachée sur l'île? Un invité ?

 Pendant les 208 pages, ils vont créer des alliances, s'accuser les uns, les autres, devenir paranoïaque  pour notre plus grand plaisir...

Grâce à son écriture efficace, Agatha Christie réussit à nous cacher le meurtrier jusqu'à la dernière ligne !
En conclusion, ce fut une lecture très agréable que je recommande.

Note : 7/10


Avis des autres participants:  Nane , Ritw, Jue, bebere, Kincaid40, Joe, Jamestine, Stephanie plaisir de lire , Anastasia.B, Piplo, Issallysun.


Biographie : ICI
 


jeudi 17 mai 2012

Allmen et les libulles



 

Johann Friedrich von Allmen, la quarantaine élégante, collectionne les oeuvres d'art. Une occupation devenue dangereuse pour ce dilettante séducteur et raffiné depuis qu'il a dilapidé la fortune familiale et s'est attiré la rancœur de certains proches, victimes de ses trafics. Il doit se résoudre à se séparer de bon nombre d’œuvres et s'installe dans la maison du jardinier en compagnie de Carlos, son fidèle majordome guatémaltèque.
La chance semble tourner lorsqu'il rencontre Jojo, une belle femme dans la fleur de l'âge. Dans sa demeure, il découvre cinq coupes Art nouveau ornées de libellules,chacune porteuse d'un secret. Il décide aussitôt de s'en emparer, à grand renfort de ruses et de précautions, en espérant régler ses dettes.
Reprenant la tradition des duos d'enquêteurs,Martin Suter nous livre ici le premier volume d'une série dont Allmen, gentleman cambrioleur et enquêteur, est le héros.






Je connaissais Martin Suter pour avoir déjà lu deux livres de ce dernier: Lila, Lila  et la face cachée de la lune que j'avais beaucoup apprécié. Son mode opératoire est souvent le même, une personne dans son "train-train" quotidien qui  change radicalement de vie après un évènement, ou après une rencontre décisive. 

« Les personnages de l’auteur suisse comprennent au terme de leur aventure qu’ils ne savaient rien d’eux-mêmes, et chacun de ces romans peut se lire comme une manière d’épopée initiatique » (le magasine Littéraire)

 J'ai emprunté ce livre à la bibliothèque car je n'avais pas particulièrement envie de l'acheter, surtout en grand format pour un si petit ouvrage (environ 16O pages). Il vient d'ailleurs tout juste de sortir chez Point en format poche (le 10 mai) et la suite de ce roman Allmen et le diamant rose est sorti en mai aussi. 

Johann Friedrich von Allmen, est un homme d'une quarantaine d'année qui a hérité de la fortune de son défunt père. A cause de son mode de vie luxueux et de sa passion compulsive pour les œuvres d'arts, il dilapide rapidement son héritage, accumulant les ardoises partout où il passe. Il ne renonce pas pour autant à sa grande vie, comme sa place annuelle à l'opéra, son chauffeur, son homme de service Carlos.
Allmen essaye donc de continuer à vivre comme avant, tout en étant contraint de vendre peu à peu sa collection d'art auprès d'un farouche brocanteur. 

Mais cela ne suffit plus, sa solution? Il vole des objets de valeurs chez les antiquaires. Sa technique? Les distraire pendant qu'il leur achète un objet très peu cher.

Comme tout homme "riche" qui se respecte, ce dandy se rend au théâtre. Un soir, il fait la connaissance de Joëlle, une femme divorcée et qui plus est, extrêmement riche. Il passe la nuit chez elle et remarque des coupes avec des magnifiques libellules, qu'il n'hésite pas à voler...

 L'intrigue en elle-même n'est pas extraordinaire, l'important dans ce premier tome est plutôt donné à l'analyse des personnages

Johan F.V Allmen est un homme de goût, il aime les belles choses. C'est aussi un homme cultivé, il passe le plus clair de son temps à observer le monde et à lire dans sa grande bibliothèque aménagé dans l'ancienne serre. Il passe d'ailleurs pour un "toxicomane de la lecture" 
 " Allmen était un toxicomane de la lecture. Cela avait commencé dés ses premiers pas dans le livre. Il avait rapidement constaté que le livre était la matière la plus simple, la plus efficace et la plus belle d’échapper à son environnement."
  "Une fois qu’il en avait commencé un, aussi mauvais fût-il, Allmen ne pouvait s’empêcher d’aller jusqu’au bout. Il ne le faisait pas par respect pour l’auteur, mais par curiosité. Il croyait que chaque livre avait son secret, ne fût-ce que la réponse à la question de savoir pourquoi il avait été écrit."  Il a l'habitude de prendre chaque matin son café au lait, au Viennois, un bar de Zurich.

Allmen est obligé de vivre dans la maison du jardinier de son ancienne demeure, qu'il a été obligé de vendre par manque d'argent.
Il possède un homme à son service, Carlos, un homme d’Amérique latine sans papier, qui ne paye que très rarement à cause de ses nombreuses dettes. Qu'importent, ce dernier préfère rester à son service. 

La plume de Martin Suter est toujours aussi plaisante et récolte énormément de succès  : " Martin Suter commence par faire un tabac du côté de la Suisse et de l'Allemagne puis il écume les librairies européennes où ses lecteurs sont de plus en plus nombreux" ( l'express)

Pour Conclure, nous pouvons dire que Martin Suter, nous présente  un étonnant  "Arsène Lupin" Zurichois. Ce premier tome expose la psychologie des personnages, l'ambiance et les décors. 
Je trouve que la couverture a été bien trouvée, avec d'un côté les libellules et de l'autre un "A" comme Allmen? 

De plus, ce livre m'a rappelé une série que je regarde " White Collar", avec un très bel acteur qui joue le rôle d'un voleur d’œuvre d'art.
Note: 7.5/10

Biographie : ( sur l'express)  Né à Zurich en 1948, il a d'abord fait carrière dans la publicité. Il a dirigé sa propre agence avant de gagner sa notoriété en publiant dans la presse suisse des chroniques sur le monde impitoyable des affaires, au début des années 1990. Puis il passa au roman, accumula les succès et finit par quitter sa ville natale pour vivre entre Ibiza et le Guatemala. Polar, peinture sociale, comédie de moeurs, Suter aime changer de registre, tout en "déviant les stéréotypes" de la bonne société suisse.




samedi 5 mai 2012

La librairie Tanabe

Monsieur Iwa est libraire à Tôkyô. Dans la librairie Tanabe, avec l'aide de son petit-fils, féru de littérature, il vend des livres d'occasion. Mais, par l'intermédiaire de leurs clients, tous deux vont se trouver impliqués dans des histoires de meurtres ou de morts étranges. Une grande perspicacité et une clairvoyance certaine alliées à une solide culture leur permettront de jouer les détectives amateurs.






     A la mort d'un de ses amis, M Iwa hérite de sa librairie à Tanabe au Japon qui propose exclusivement des livres d'occasions plaisants.

 M Iwa est un homme d'âge mûr chaleureux, toujours prêt à aider son prochain et notamment ses clients dans des affaires plutôt sordides.

Son petit fils, Minoru, un lycéen de 17 ans l'aide le weekend à tenir sa librairie. Ensemble, ils entretiennent une relation fusionnelle et complice, leur permettant de résoudre les énigmes policières de leurs clients.

On découvre à travers ce roman les coutumes japonaises, entre tradition et modernité, les relations amoureuses, la vision de l'occident. C'est aussi un roman policier qui parle de fantôme, de maltraitance et des conséquences de la seconde guerre mondiale.

La construction du roman est original. Les cinq chapitres de ce roman représentent à chaque fois une nouvelle enquête policière menée par M Iwa et son "bon à rien" de petit fils.

C'est un roman policier sans "prise de tête" qui se lit rapidement , écrit avec douceur par Miyabe Miyuki.




«  si tu fais ça, tu auras trop d’argent, et puis de toute façon, tu ne l’emmènes pas dans ta tombe ! lâcha minoru avec insolence et il détala. Quand je vous disais que c’était un bon à rien !"

note:  6.5/ 10

jeudi 12 janvier 2012

Le Chat aux yeux jaunes

 
Résumé:Quand les fantômes du passé crèvent l'écran pour régler leurs comptes... Dans les années 60, l'actrice Peggy McFloyd a connu un succès planétaire grâce à la série télévisée "First Lady" . Aujourd'hui riche et âgée, elle s'est reconvertie dans l'action caritative en érigeant sur sa propriété une maison de retraite où elle accueille ses vieux camarades de scène. Il semblerait toutefois que depuis quelque temps, cc petit paradis soit le théâtre d'événements aussi étranges qu'inquiétants. Qui connaît la vérité sur "First Lady", cette série réputée "maudite" depuis que certains de ses acteurs ont disparu dans des conditions brutales ? Le chat empaillé aux yeux jaunes, qui trône comme une idole énigmatique sur la cheminée de l'actrice, peut-être ? Un chat qui fut l'instigateur d'un crime dont Mickie Katz - missionnée par l'Agence 13 pour redécorer les appartements très spéciaux de l'actrice - découvrira les arcanes avec effroi... Cette barrière blanche symbolise la frontière entre deux mondes, deux époques. Vous vous tenez dans le présent, mais de l'autre côté le temps s'est arrêté en 1965. Peggy en a décidé ainsi. Elle ne veut rien voir, rien connaître de l'évolution du monde moderne. En prenant sa retraite, elle a choisi de vivre une fois pour toutes dans l'Amérique de sa jeunesse.

Mes impressions:  Ayant reçut ce roman à noël , j'ai réalisé après coup qu'il faisait parti d'une trilogie (c'est le tome 3). J'ai eu peur sur le coup de m'y perdre. Heureusement l'auteur nous éclair sur quelques points antérieurs.
L'intrigue est bien ficelée et pleine de rebondissements. Beau contraste entre les années sixties et notre environnement actuel.  Écriture fluide et tonique de l'auteur qui nous fait dévorer ce livre en très peu de temps.
Ce roman m'a donné envie de découvrir d'autres ouvrages de cet auteur! Je pense d'ailleurs lire les deux premiers tomes de cette saga! Belle découverte!

Citation: « sa phobie du modernisme avait transformé la propriété en une espèce de capsule temporelle affranchie des lois ordinaires »
 note: 9/10
A propos de l'auteur :  voir ici