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lundi 7 avril 2014

Avenue des Géants de Marc Dugain


Couverture Avenue des géants

Al Kenner serait un adolescent ordinaire s'il ne mesurait pas près de 2,20 mètres et si son QI n'était pas supérieur à celui d'Einstein. Sa vie bascule par hasard le jour de l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Plus jamais il ne sera le même. Désormais, il entre en lutte contre ses mauvaises pensées.

Édition Folio
420 pages
7, 90 €








Marc Dugain nous propose avec Avenues des Géants une biographie romancée d'Al Kenner, alias Edmund Kemper, un sérial Killer américain qui a sévi entre les années 1960 et 1973.

Al Kenner, n'est pas un garçon comme les autres, à 15 ans il mesure déjà 2,20 mètres et à un Q.I supérieur à celui d'Einstein. Nous suivons ce "personnage" à travers deux types de narration :
- la première narration à la troisième personne parle de la vie d'Al Kenner au présent, en prison à perpétuité

- la deuxième narration écrite à la première personne du singulier relate les souvenirs d'Al. On  le suit  pendant son enfance traumatisante avec un père absent et une mère alcoolique qui l'enferme dans une cave.
  À cause d'un cadre familial chaotique, Al développe des mécanismes de défense perverse, qui se traduisent par exemple, par la décapitation de chats lors de son enfance, sans pour autant en éprouver le moindre remord par la suite. Il n'a aucune empathie, même pas après avoir tué ses grands-parents à 15 ans.
Jugé irresponsable (même s'il déclare être pleinement conscient de son acte), Al Kenner est enfermé pendant cinq ans dans un hôpital psychiatrique.

 L'histoire est vraiment prenante, on s'attache malgré nous  à Al Kenner qui essaye de combattre ses mauvaises pensées même s'il a l'impression d'être obligé de tuer certaines personnes pour pouvoir vivre. C'est un livre très intéressant qui n'essaye pas de justifier les meurtres d'Al Kenner mais de comprendre comment l'Homme en arrive à tuer. L'auteur nous montre que chacun de nos actes ont tous un sens dans notre inconscient, par exemple, décapiter quelqu'un marquerait une libération de l'emprise qu'a eu cette personne sur nous. Enfin, le lecteur se demande quelle atrocité a pu commettre Al pour finir en prison à perpétuité, alors qu'on le voit se battre pour contrôler ses mauvaises pensées et avoir une vie normale.














Avenue des Géants est très bien écrit, de nombreux passages sont magnifiques. J'ai adoré l'ambiance qui se dégage autour du récit, celle de l’Amérique des années 60  avec les Hippies qui prônent l'amour libre en communauté et la contre -culture, les années d'après guerre du Viêt Nam  et les paysages de la côte Californienne et du Montana.

 

 En bref, ce livre fut pour moi un cœur de coup, il mélange équitablement suspense et psychologie. Si vous aimez les séries du type Esprits Criminels, je pense que ce roman pourrait vous plaire, car il explique très bien ce qui se passe dans la tête d'un sérial killer.

note: 10/10
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jeudi 27 mars 2014

Amulettes de Véronique Ajarrag


Couverture Amulettes

Lorsque le docteur Ian, psychiatre, reçoit pour la première fois sa mystérieuse patiente Agrippine et qu’il cède à sa requête de ne se consacrer qu’à son cas personnel pendant toute une semaine, il est loin d'imaginer qu'il ne sera pas simplement le témoin du récit fantastique de la jeune femme mais également l'un de ses principaux acteurs. Car, tel qu’elle le déclare, Agrippine est l'objet de réincarnations successives qui remontent jusqu’à la Mésopotamie ancienne, où son bien-aimé et elle, citoyens du royaume d’Uruk, furent condamnés pour l’éternité. Devant les arguments et la précision de son histoire, le docteur commence peu à peu à douter et ses certitudes vacillent.


-> Édition du Chat Noir  ***362 pages***19,90 euros



À peine ai-je terminé ce merveilleux roman que je pose déjà par écrit mes impressions. Cela fait bien longtemps que je n'avais plus eu ce sentiment et je suis ravie d'avoir de nouveau envie de donner mon avis grâce à ce livre. Si vous aimez comme moi l'antiquité, les mythes et les histoires d'amour impossible / interdite, Amulettes devrait vous ravir!

Roman écrit à la première personne, Jérémie Ian raconte le quotidien de son boulot de psychiatre . Sa vie  bascule le jour où la mystérieuse  Agrippine  sollicite en urgence son aide. Il accepte alors de consacrer une semaine entière à sa personne. Agrippine lui apprend que suite à une malédiction vieille depuis 5 000 ans, son âme et celle de son amant voyagent dans le temps, condamnés à se réincarner éternellement sans pouvoir vivre de leur amour. Lorsque la jeune femme disparaît, Jérémie va tout mettre en œuvre pour la retrouver, surtout qu'il commence à être submergé par d'étranges rêves...

Ce roman alterne avec un rythme soutenu la vie actuelle de nos deux personnages principaux ainsi que le vie passée. Amulettes nous fait à la fois voyager dans l'espace: France, Syrie, Bagdad... mais aussi dans le temps: la Mésopotamie, le Moyen Age, la Renaissance, l'esclavagisme, etc. Ce qui  laisse à penser que l'auteure a dû faire beaucoup de recherches pour rendre son récit cohérent. J'ai aimé apprendre des mythes mésopotamiens, moi qui suis plus calée en mythologie grecque et romaine.

J'ai adoré la façon qu'a eu Véronique Ajarrag d'aborder le thème de la réincarnation et plus précisément le mythe d’Éros et de Psyché (mais version indienne, puisque c'est la femme qui incarne l'amour et l'homme l'âme). La première vie est la plus développée ce qui semble logique puisque c'est la naissance de leur amour et l'incantation de leur malédiction. Ce livre m'a rappelé d'autres lectures que j'avais également beaucoup apprécié sur ce même thème: la saga Phaenix de Carina Rozenfeld ainsi que le roman L'amour dure plus qu'une vie  d'Ann Brashares.   



Enfin, nous suivons deux personnages principaux attachants:
Jérémie, le psychiatre déterminé qui soigne les états d'âmes de ses patients. C'est une personne rationnelle, qui vit au jour le jour sans attache ( n'ayant pas encore trouvé l'amour). D'autre part,  Agrippine, que nous connaissons surtout grâce à ses vies antérieures et plus particulièrement dans la première, lorsqu'elle incarne Ishtar, une prêtresse de Mésopotamie. C'est une femme passionnelle et forte.

       " Je comprenais enfin que l'amour était d'abord une histoire d'âme" p.309

En conclusion, Véronique Ajarrag possède une plume fluide qui sait s'adapter aux langages des différentes époques évoquées. Un important travail de recherche semble avoir été opéré. La couverture tout comme le contenu du roman sont magnifiques. Ce roman est un coup de cœur pour moi, je ne peux donc que vous le conseiller!  J'ai  hâte de lire un autre roman de cette auteure! 

Note: 10/10

Si vous connaissez des romans sur un thème similaire, n'hésitez à me donner les titres par commentaire! Rendez-vous sur Hellocoton !

lundi 9 décembre 2013

Le rire du grand blessé de Cécile Coulon


Couverture Le rire du grand blessé



P
AYS : Inconnu
REGIME : Totalitaire
ENNEMI PUBLIC N°1 : La littérature
NOM : 1075 / PARTICULARITÉ : Analphabète


  Désormais, seuls circulent librement les livres officiels. Le Grand a mis au point les « Manifestations À Haut Risque », des lectures publiques qui ont lieu dans des stades de plus en plus grands pour permettre de réunir toujours plus de consommateurs. S'y déchaînent les passions furieuses des spectateurs. Les Agents de sécurité  impérativement analphabètes  sont engagés et formés pour veiller au strict déroulement du spectacle, éviter les débordements excessifs.
1075, compétiteur formidablement robuste et endurant, issu de nulle part et incapable de déchiffrer la moindre lettre, est l'Agent parfait.




 A seulement 23 ans, Cécile Coulon est une auteure plein de promesses. Elle nous propose pour son sixième livre publié un étonnant roman d'anticipation.  
 
Nous sommes plongé dans un état totalitaire sans nom où Le Grand fait régner sa loi. Un service national composé de Garde, de Tuteur, et d'Agent est là pour le seconder.
Dans ce monde, seuls les livres officiels  sont autorisés à circuler. Ceux-ci sont répartis en quatre catégories: le Fou-rire, le Frisson, la Colère et la Tristesse.
La lecture est devenue une activité collective transformée par le gouvernement en un outil de manipulation et de propagande. Le peuple est contraint de se déplacer dans des "Manifestations à Haut Risque" payantes pour écouter en transe des "Liseurs". Les Agents de sécurité, analphabètes sont là pour les contrôler.

Notre personnage principal, 1075, fait parti de l'un d'eux. Né dans les campagnes délaissées en périphérie de la ville, il comprend très vite que sa seule issue pour s'en sortir est d'intégrer le service national, cela tombe bien, il est analphabète.
 Malgré un programme très intensif où seul les meilleurs sont recrutés, 1075 arrive à intégrer cette élite  et se classe rapidement en tête d'affiche.Pourtant, sa vie bascule le jour où il se fait mordre par un "molosse". Pendant son séjour à l'hôpital, 1075 commence à remettre en question le système dans lequel il évolue.

" Nous étions des chiffres, des performances. Nos capacités étaient mesurées lors des tests trimestriels imposés par le service national: prise de sang, examens psychologiques, mises en situations, contrôles d'aptitudes physiques" (page 7).
                                                                                                 Biographie : ici

Le rire du grand blessé est un roman magnifiquement bien écrit où chaque mots sont pesés, chaque détails à son importance.Ce livre  parle entre autre du rôle de la littérature et de nos choix de lecture (qui semblent compromis dans notre société actuelle où les succès commerciaux sont mis en avant au détriment des autres) ainsi que de l'individu face au groupe. 


Note: 10/10

Les éditions Viviane Hamy
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mardi 24 septembre 2013

Ce que je peux te dire d'elles d'Anne Icart

Couverture Ce que je peux te dire d'elles


[ Un matin, très tôt. Le téléphone sonne. Blanche n'aime pas ça : les coups de fil au petit matin n'annoncent jamais rien de bon. Cette fois, pourtant, c'est une bonne nouvelle : Violette a accouché dans la nuit d'un petit garçon. Blanche est bouleversée : elle ne savait même pas que sa fille était enceinte. Et puis un garçon, le premier au bout de cette lignée de filles, quelle histoire... ]


Edition Robert Laffont

318 pages







Blanche, la narratrice, profite de la naissance de son petit fils pour retracer l’histoire de sa famille et plus particulièrement, des trois femmes qui l’ont élevé.

Nous avons Angèle, l’aîné, la mère de blanche. C’était une jeune femme brillante, ambitieuse dans son travail de journaliste, heureuse dans la vie, jusqu’au jour où tout dérape..

Justine, la deuxième adore la couture, elle tient cette passion de sa grand-mère. Elle se fait rapidement remarquer dans son travail et se voit offrir un poste de première couturière dans une maison de haute couture. Mais ce poste suffira t-il toujours à ses espérances ?

Puis, nous avons la plus jeune, la plus fragile aussi, Elisabeth, dit Babé qui coordonne cette fratrie. 

Enfin, la dernière de cette tribu, Blanche qui sera élevé par ces trois femmes aux caractères très différents pour lui permettre d’avoir une éducation à la fois complète et originale.

C’est un roman poignant, touchant sur l’indépendance des femmes des années 50 à nos jours. Des thèmes intéressants et toujours d’actualité sont évoqués comme l’éducation seul d’une enfant pour une femme, l’indépendance financière, l’avortement et la contraception ainsi que les combats des féministes.

Pour résumé, c’est très  belle histoire d’une famille soudée autant dans le malheur que dans le bonheur  de la vie quotidienne.
note: 20/20
biographie de l'auteur : ici
Logo Confidentielles

lundi 23 septembre 2013

Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir de J.Heska

Couverture Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir
Je m'appelle Jérôme et je ne suis pas quelqu'un de populaire. Invisible pour mon entourage, insipide pour mes collègues, insignifiant pour ma petite amie. Un jour, je suis tombé sur un article dans un magazine bon marché censé m'aider à régler un certain nombre de problèmes dans ma vie. Ca m'a amené un peu plus loin que prévu ... Ah oui, le "un peu plus loin", c'est devenir le chef de file involontaire d'un mouvement philosophique qui a révolutionné le monde.



Edition seconde chance
186 pages







Jérôme, la quarantaine est un gentil informaticien, peut être même un peu trop gentil. En effet, personne ne le respecte. De ce fait, il se fait littéralement prendre pour un « con ».

Il inspire le dégoût pour certaines personnes, le bouche-trou pour d’autres et de l’indifférence, voir de l’invisibilité pour le reste.

Un jour, il décide de stopper cet engrenage invivable en créant un groupe pour combattre les « méchants », c'est-à-dire les antipathes.

Notre protagoniste se met enfin à agir à quarante ans pour ne plus se faire marcher sur les pieds, notamment en confrontant directement les antipathes.

Cependant, au fur et à mesure des jours, Jérôme commence à rejeter son groupe trop « révolutionnaire » à son goût, préférant seulement trouver une place dans ce monde et non le changer.

J heska
Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir est un  excellent petit roman bourré d’humour et d’espoir. J.Heska nous offre un roman criblé de vérité et d’humanité.

Bref, Lisez-le !

Merci au édition seconde chance pour cette merveilleuse découverte !
Note: 10/10
Le site officiel de l'auteur -> ici

dimanche 25 novembre 2012

Le premier sang de Sire Cédric


Couverture Le premier sang

Les plus grandes terreurs naissent dans l’enfance et prennent racine au plus profond de nous.  Qu’est-ce qui les fait resurgir ? Sommes-nous capables de les surmonter ?

Par une nuit d’hiver glacée, deux flics de la criminelle, partis pour surveiller un parrain de la drogue en banlieue parisienne, mettent les pieds dans une étrange affaire. Leur principal suspect est mort brûlé vif dans son appartement et les méthodes employées ne ressemblent pas à un règlement de compte. Eva Svärta, la policière albinos, dominée par le désir obsessionnel de retrouver le meurtrier de sa mère et de sa sœur jumelle, pressent un danger imminent. Et si les fantômes du passé se mettaient à reprendre vie ? Hallucination ou réalité ?

[Le premier sang de Sire Cédric , édition le pré aux clercs , 508 pages , 19, 50 euros]



Tout comme De fièvre et de sang , ce deuxième tome fut un Coup de cœur.
Nous retrouvons notre dynamique et atypique policière albinos, Eva Svärta ainsi qu'un de ses quo-équipier et ami de la brigade criminelle du quai des orfèvres, Erwan Leroy en train de filer un trafiquant de drogue, Ismaël Constantin dans sa banlieue Parisienne.
Cependant, cette simple filature prendra un tournant lorsqu'ils découvriront sur place que l'appartement de Constantin est en train de brûler. A l'intérieur, son corps est retrouvé non seulement brulé mais aussi mutilé : le cœur et la langue arrachés.
Alors que beaucoup de policiers concluent pour un règlement de compte, une macabre découverte ébranlera leurs suppositions ; un nouveau-né mort est retrouvé dans le congélateur de Constantin...
Dans le midi de la France, nous rejoignons le commandant toulousain Alexandre Vauvert, que nous avions déjà rencontré dans le premier tome et qui aida Éva dans une étrange et surnaturelle affaire criminelle.
Alexandre Vauvert enquête sur la disparition d'un important homme d'affaire, Pierre Loisel. Sa femme et son fils en bas âge sont morts dans un accident de voiture. N'était-ce réellement qu'un accident ?

Une autre histoire en parallèle aux deux autres nous est conté : Celle d'une femme riche et puissante, Madeleine Reich qui est subitement victime de stigmates. Avant de disparaître, elle tue froidement son mari et met le feu à leur maison sur Neuilly.

Comme vous pouvez vous en douter, les trois histoires seront liées, ce qui permettra de retrouver ensemble nos deux commandants : Eva et Alexandre.
                                     ~~~¤~~~~¤~~~¤~~~     
Vous n'êtes pas obligé d' avoir lu le premier tome pour comprendre celui-ci , cependant d'importantes questions qu'on se pose dans le premier tome seront éclaircies ici, notamment sur le passé traumatisant d’Éva.

Eva Svärta , est une femme déterminée, solitaire et qui s'acharne au travail pour essayer de trouver des réponses au mal qui la ronge depuis l'assassinat de sa sœur jumelle et de sa mère.

Alexandre lui ressemble beaucoup. C'est un insomniaque qui passe son temps à travailler. Il n'arrive pas à se remettre de sa rupture d'il y a deux ans avec Eva. C'est un homme marqué physiquement par son expérience mais qui sait être doux et protecteur.

Nos deux protagonistes vont être de nouveau confrontés à des évènements dépassant l'imaginable. Ils vont devoir côtoyer et se battre contre du surnaturel.
                   ~~~¤~~~~¤~~~¤~~~     
Bien que moins sanglant que De fièvre et de sang, ce deuxième tome garde l'atmosphère pesante du premier. Sire Cédric manie avec perfection ce mélange de thriller et de fantastique.
Grâce à sa plume fluide et entraînante, à son rythme enchaîné, Les 500 pages défilent d'une traite sous nos yeux ébahis! J'ai hâte que la suite sorte!!
                     Note : 10/10               
Son site officielici                     








Lu en LC avec: FloTousleslivres ; Lisalor.

mercredi 12 septembre 2012

Cyrano de Bergerac



Le nez de Cyrano s'est mis en travers de son cœur. La belle Roxane aime ailleurs, en l'espèce un cadet sans esprit mais de belle apparence, Christian de Neuvillette.


Mes impressions:

Cyrano de Bergerac est une pièce de théâtre que j'ai longtemps voulu lire sans le faire. Mon seul regret est de ne pas l'avoir lu plus tôt, car cette  pièce en cinq actes qui se lit très rapidement est juste une merveille!

Cyrano de Bergerac est la pièce de théâtre la plus connu d'Edmond Rostand qui s'est inspiré pour son personnage principal du poète Hercule Savinien Cyrano (dit Cyrano de Bergerac).

Malgré une immersion au début difficile à cause d'un trop grand nombre de personnages, cet effet se dissipe vite avec l’apparition du charismatique Cyrano de Bergerac.

Bien que laid en raison de son grand nez, Cyrano est un personnage très attachant par son mode de vie. Il n’hésite pas à se mettre dans le pétrin en ridiculisant toutes personnes se trouvant en travers de son chemin. Il adore les combats d’épée. De plus, Cyrano à un don : sa verve. Il sait employer les mots à bonne escient, conter fleurette et se sortir de situation cocasse juste avec sa parole.

Cyrano aime profondément une femme, la belle Roxane, qui s’avère être aussi sa cousine. Cependant, il ne trouve pas le courage de lui dire à cause de son physique ingrat.


Alors, quand Roxane lui fait part de son amour pour le beau (mais peu parlant) Christian, Cyrano ne veut pas décevoir sa belle, il décide  d’aider Christian à la conquérir, en lui « prêtant » sa parole, ses pensées et son âme...

L’amour va-t-il au-delà des apparences ?

Je n'ai pas particulièrement apprécié le personnage de Roxane pour plusieurs raisons. Tout d'abord, elle n'exprime pas clairement ses sentiments amoureux, préférant être flattée par les hommes.
De plus, au début c’est un personnage un peu fade et superficiel.  Elle n’a que sa beauté à offrir et aime ce qui est beau (Christian).


Christian, le baron de Neuvillette est beau, parfois courageux mais manque terriblement de caractère. Au départ superficiel, son personnage évolue pendant le siège d’Arras. Il veut révéler la vérité à Roxane après avoir pris connaissance des sentiments qu’éprouve Cyrano pour Roxane.

Pour conclure, E. Rostand nous offre une histoire bouleversante à travers ce triangle amoureux. Mais il nous parle aussi de sujet plus sérieux comme la guerre. C'est un classique à lire absolument! Avec

une écriture enchanteresse (Cyrano de Bergerac est écrit presque entièrement en alexandrins), des personnages attachants : Cyrano est drôle, poétique et touchant. La belle Roxane, le sympathique Christian...


Note: 10/10

Biographie: Ici
Edmond Rostand





7/12

dimanche 19 août 2012

Hantée



Pour Rory, arriver à Londres signifiait le début d’une nouvelle vie. Mais elle ne s’attendait pas à ce qu’une vague de crimes marque au fer sa rentrée sur le campus. Un mystérieux meurtrier sévit dans toute la ville, copiant trait pour trait le mode opératoire de Jack l’Éventreur deux siècles plus tôt. Rory et sa colocataire Jazza décident de mener l’enquête de leur côté sur cette « Éventreur mania » qui sème la terreur. 



Mes Impressions:

J'ai été happée comme beaucoup de monde par ce livre grâce à sa Magnifique couverture qui continue sur la 4e de couverture ainsi que son résumé alléchant. Ai-je aimé pour autant ce livre?

Je peux d'ores et déjà dire que ce premier tome est une réussite! J'attends d'ailleurs avec impatience la suite, surtout avec un dénouement pareil!

On s'attache particulièrement à Aurora, originaire de Louisiane en Amérique, cette dernière est contrainte de déménager à Londres pour le travail de ses parents. Elle décide de s'inscrire au lycée de Wexfort, tout près des célèbres attaques du mystérieux Jack L'éventreur en 1888.
Quelques jours après sa rentrée, des meurtres au même mode opératoire que Jack L'éventreur sévisse à Londres. Le nouveau meurtrier ira jusqu'à tuer aux mêmes dates, aux mêmes endroits, les cadavres sont retrouvés dans les mêmes positions...
Londres s'affole, les milliers de caméra installés dans la ville semblent résister au nouveau meurtrier.
Malheureusement pour Rory, elle croisera le regard de ce dernier...
 Lors d'un repas au lycée, Rory frôle la mort en s'étouffant avec un aliment. Après ce jour, rien n'est plus pareil, elle voit des gens que personne  ne semble remarquer..

Rory est une jeune fille intelligente, elle s'adapte très vite dans son nouveau lycée , se créant de bonne relation avec notamment Jazza, sa colocataire et le charmant Jérôme.
Elle se montrera courageuse face aux terribles épreuves qu'elle devra affronter et mûre dans les décisions qu'elle aura à prendre.

Sa colocataire, Jazza, est une jeune fille au départ timide et plutôt peureuse, qui ne veut pas transgresser les règles. Tout au long du roman, elle essaye de s'affirmer.

Une petite romance s'ajoute à ce livre pour rendre l'atmosphère est un peu moins pesante.

J'ai aimé, l'ambiance glauque crée par l'auteure autour de la légende de Jack l'éventreur, toujours présent pour les londoniens. Ce mystérieux meurtrier fait partie de leur patrimoine, de leur héritage victorien.
J'ai aimé aussi, le mélange entre enquête policière et fantastique. Un monde où le surnaturel paraît plus plausible que les vampires et co.

J'ai trouvé l'écriture de l'auteure très agréable. Un roman enchaînant description et dialogue à la perfection.

Pour conclure, je ne peux que vous le conseiller! C'est un roman qui se lit vite, avec une intrigue originale,des personnages hauts en couleur, un agréable mélange de policier-fantastique

Note: 10/10
                      L'auteur:

Maureen Johnson partage son temps entre New York et l’Angleterre. Elle est l’auteur de nombreux romans jeunesse encensés par la critique et classés en tête des meilleures ventes dans le monde entier.


D'autres avis sur Livraddict.

lundi 23 juillet 2012

Rien n'est trop Beau

New York, début des années 1950. Le parcours de femmes travaillant comme secrétaires dans une maison d’édition et luttant pour se faire une place dans un monde d’hommes. Harcèlement sexuel au travail, amour, sexualité encore taboue et mariage sont les ingrédients de ce premier roman



Mes impressions:

"Rien n'est trop beau" est le premier roman de l'américaine Rona Jaffe qui  fut accueillit par un vif succès dans les années 1958.

Ce roman s'intéresse principalement aux destins de quatre jeunes femmes rigoureusement différentes et fraîchement débarqués à New York pour réussir dans le beau monde.

Caroline Bender, vient de se faire abandonner par son fiancé, lui  préférant une jeune femme d'une grande fortune. Elle décide alors de quitter sa famille et décroche un emploi  comme secrétaire dactylographe, puis comme lectrice dans la maison d'édition " Chez Fabian".
Elle fait la connaissance d'April Morisson, aussi nouvelle dans la maison d'édition . Cependant, son rêve est de faire carrière en tant qu'actrice.
Gregg Adams, la colocataire de Caroline, débutant dans le théâtre vit au croché d'une célébrité, c'est le personnage le plus extravagant du roman.
Enfin, Barbara Lemont, jeune divorcée, essaye de se reconstruire en tant que femme et d'élever sa petite fille.

Ces quatre jeunes femmes, plutôt naïves au début du livre, vont nous mener de péripétie en péripétie. Au fil de ces 550 pages, nous découvrons leurs espoirs, leurs rêves, leurs déceptions...

L'auteure, qui est , elle même passé par là, nous montre combien il est difficile pour une femme de se faire une place dans un  milieu d'hommes. Nous sommes loin d'avoir une égalité entre les hommes et les femmes.
Les patrons essayent de profiter de leur secrétaire ; contrairement aux hommes, la sexualité avant le mariage est taboue pour les femmes.
C'est un livre sur les mœurs de l'époque, sur les conventions, les traditions que les femmes se devaient de respecter. Il n'était pas question d'égalité entre les sexes, ni de contraception. L'avortement reste tabou.

Ce roman riche en émotion, nous plonge dans une atmosphère particulière et paradoxale.
D'un côté, celle du début de l'émancipation financière des femmes.
  •  J'ai beaucoup aimé le personnage de Caroline , car c'est elle, qui essaye le plus d'évoluer dans sa carrière. C'est une femme ambitieuse qui ne prétend pas avoir besoin d'un mari pour réussir sa vie.
 D'un autre côté, nous avons la plupart des femmes qui cherchent avant tout un mari pour fonder une famille et rester bien tranquillement à la maison à attendre sagement le retour de l'homme le soir.
  •  Comme le personnage d'April, contrainte d'avorter par un homme qui ne souhaite pas l'épouser. Ou encore le personnage de Barbara, qui sait que ce sera difficile de trouver un homme qui accepte de fonder une famille avec une femme divorcée et un enfant à charge.

En conclusion,  ce livre avec sa magnifique couverture fut une très bonne découverte pour moi. Je me suis laissée happer dans la vie des new-yorkais des années 1950.  C'est un roman émouvant et drôle que je recommande!

Note: 10/10



 

 
 



 Biographie: ICI




jeudi 21 juin 2012

La couleur des sentiments




 [ Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu'on n'a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée. Mais Skeeter, la fille des Phelan, n'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l'a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même laisser un mot.
Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante. ]


Mes impressions:

En 1896, la cour suprême autorise les États-Unis à mettre en œuvre une ségrégation raciale, c'est-à-dire, une séparation physique entre noir et blanc dans les lieux publics (restaurant, école, toilette..), en plus de la  discrimination déjà en place.

La couleur des sentiments se déroule dans les années 1960, au Mississippi  dans la ville de Jackson où la ségrégation est omniprésente mais semble s'essouffler grâce notamment aux actes des militants pour les droits civiques comme Martin Luther King (en 1963, il prononce à Washington son célèbre discours "I have a dream"). C'est dans ce contexte que Kathryn Stockett plante son histoire et ses personnages.

Nous avons d'un côté, les riches familles de blancs, où les femmes passent leur temps entre partie de bridge et association de "charité" pour se faire bien voir. Ces dames sont superficielles, elles vivent pour exister aux yeux des autres. Lancer des rumeurs font partie de leur quotidien.
De l'autre côté, nous avons la population noire, où chacun doit y mettre du sien pour vivre, les enfants sont contraints d'abandonner les études par manque d'argent, les femmes deviennent bonnes pour les familles blanches, les hommes travaillent dans des usines.

Pour mieux comprendre la situation et les différents points de vue, l'auteure a judicieusement  décidé de faire alterner la narration du roman . Nous suivons alors deux bonnes noires : Aibileen et Minny ; ainsi qu'une femme blanche: Skeeter.

Cette dernière, est la seule blanche à vouloir faire bouger les choses, elle décide alors d'écrire un livre sur le quotidien de bonnes noires au service des familles blanches à travers leur témoignage, pour qu'enfin elles se fassent entendre.

J'ai beaucoup aimé la solidarité qui lie les bonnes entre elles, qui s'unissent  malgré une certaine réticence  par peur de représailles. Nous découvrons leurs vécus dans les différentes familles de blancs, leurs joies et leurs colères fassent à la situation actuelle.

J'ai adoré les personnages crées par l'auteure, certains sont attachants, bouleversants, mais aussi détestable .



Commençons par les trois personnages principaux, toutes très attachantes:
Aibileen, est une bonne âgée d'une cinquantaine d'année qui s'occupe principalement des enfants dans les familles blanches. Elle commença à l'âge de 14 ans et s'occupa de 17 enfants en tout. Elle leurs donnera l'attention qu'ils n'ont pas eu de leur propre mère, comme avec la dernière en date Mae Mobley, la fille d’Elizabeth Leefolt.  C'est le personnage le plus touchant du roman selon moi. Son fils unique est mort et c'est la première à accepter de parler de son expérience pour le livre de Skeeter.

Minny, est une dure à cuire, qui, à cause de son insolence se fait souvent renvoyer (au moins une vingtaine de fois). Son talent? la cuisine, elle est considérée comme la meilleure cuisinière de Jackson ville, surtout pour sa tarte au caramel, Miss Hilly Hoolbrock en sait quelque chose (voir épisode de la tarte ^^). Cependant, Minny n'a pas la vie facile dans le privée, à cause de son mari Leroy.

Miss Eugenia, prénommée Skeeter est une jeune femme de 24 ans qui vient de terminer ses études à la faculté. Elle rêve de devenir journaliste ou écrivain quand sa mère, rêve de la caser.
Contrairement à ses deux amies Miss Hilly et Miss Elizabeth, qui souhaitent continuer la ségrégation raciale en imposant un projet de loi pour imposer des toilettes séparées entre noir et blanc, Skeeter souhaite faire évoluer les choses. C'est une jeune femme indépendante et très moderne bousculant les traditions familiales.
Elle cherche à tout prix retrouver Constantine, la bonne qui l'a élevée. Contrairement à ces autres dames, elle ne méprise pas les domestiques une fois adulte.

Passons aux personnes un peu moins sympathique maintenant:

Nous avons à la première place.... Miss Hilly Hoolbrock! sans elle, le livre n'aurait pas la même saveur.
C'est une jeune femme hautaine, qui se croit au-dessus de tout le monde y compris de son groupe d'amies blanches. Quand elle veut quelque chose, elle cherche à l'obtenir par tous les moyens.
Son racisme à l'égard des personnes noires, provient de sa peur d'attraper des maladies "transmises" par les noirs.
Elisabeth Leefolt, est une femme sans intérêt et  bête dans le sens où elle suit les moindres faits et gestes de son amie Hilly. Elle ne réfléchit jamais par soi-même. De plus, c'est une mauvaise mère, elle ne prête aucune attention à sa fille pas assez bien pour elle, sauf pour la battre. Sa fille n'est rien d'autre qu'un accessoire de sa réussite sociale. Elle donne l'image d'une famille parfaite, mais tout ceci n'est qu'illusion.

Concernant l'écriture de Kathryn Stockett, je dois dire que j'ai beaucoup aimé sa forme de narration, alternant les points de vue des personnages, elle arrive très bien à se mettre à leur place.
J'ai particulièrement aimé les pages qu'elle a rajouté à la fin expliquant sa propre expérience au moment de la ségrégation. On peut l'a rattacher au personnage de Skeeter. Comme elle, elle aimait beaucoup sa bonne et veut lui rendre hommage à travers La couleur des sentiments.
En bref, un magnifique roman sur l'amitié, la trahison, la tolérance, le racisme, les rumeurs. Un roman émouvant à lire absolument !!

Note: 10/10
Le film retranscrit bien les émotions que l'on peut avoir tout le long du livre, malgré quelque modifications, je trouve qu'il correspond bien à l'ambiance du livre. 

Sa biographie : ICI

 


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